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Yves Corentin Cariou

Histoire de Langon

Photo : 2004

  • 1er Septembre 1924 - Naissance à Quimper
  • 1944 -1950  Instituteur chez les Frères Maristes à Langon
  • 1950 - Licence de Lettres (Rennes)
  • Novembre 1950 - Arrivée au Liban
  • 1950-1998 Professeur de Lettres Françaises au Liban (Jounieh)
  • 1955-1958 Professeur de Lettres Françaises en Syrie (Alep)
  • 1965-1967 Professeur d'Histoire-Géographie au Cameroun.
  • 1977-1990 Au service de la Mission Culturelle de l'Ambassade de France au Liban
  • 1951-1975 Examinateur au Baccalauréat Français à Beyrouth
  • 1993 Chevalier de l'Ordre des Palmes Académique Françaises
  • 1996 Médaillé de l'Éducation Nationale du Liban
  • 9 Octobre 2009 - Décès à Beyrouth - Inhumé à Fanar (Banlieue de Beyrouth)

Photo ci-dessous

Tombe de Yves Cariou et son épouse

 

Suite

Déjà au Liban, dans ses correspondances, Yves Cariou se disait toujours Langonnais (et non Quimperois!). Sur une photo de 1960 en compagnie de trois autres collègues professeurs il énumère  un Corse, un Allemand, un Arménien et... un Langonnais.

Dans un courrier du 29 mai 1961 il précise que  "...pour faire une visite d'amitié (de l'école St Jean Baptiste au Grand Clos) il lui arrivait de passer par le petit pont des Carriaux, ou le détour de chemin du fer par Bréheil..." Je ne suis pas sûr que tous les Langonnais de 2014 savent qu'entre la PN 27 (qui n'existe plus aujourd'hui - du moins la maisonnette) et le pont de Droulin existent ces deux passages l'un sous la voie, l'autre au-dessus. Dans un autre courrier du 19 juin de la même année il demande si "...le prône commence toujours à Langon ainsi : Mr l'Abbé Lesné, Mr l'Abbé Grossetête, Mr l'Abbé Allys, anciens recteurs, Mme de Boisbéranger, défunts des famille Provost et Billard, Mr et Mme Jules Gaultier, leurs fils et parents défunts..." Là, je suis certain que peu de paroissiens s'en souviennent... et se posent même la question de ce qu'était le prône !

 

 

Yves Cariou était un passionné d'archéologie et des cultures grecque et latine. Il est facile d'imaginer que déjà ces centres d'intérêts là (parmi d'autres) le retinrent au Liban Ô combien plus riches dans ces domaines que le sol langonnais avec ses mégalithes, la chapelle St Venier ou autres villas romaines... disparues.

A partir de cette année-là il décida de rester définitivement au Liban. Il eut l'occasion de revenir à Langon, la dernière fois en 1955. Dans une correspondance de 1960 il parle du projet de circuit en voiture avec des amis pour l'été 1963; il écrit au dos d'une photo : "La voiture qui nous amènera en 1963 en Bretagne, par Gênes, la Riviera, Nice, Lyon et Nantes."

Les circonstances firent que ce voyage ne se réalisa pas.

Mais pourquoi est-il resté au Liban ?

Il le dit lui-même : "Réponse à un pourquoi" (voir ci-dessous)

 

D'une grande culture littéraire, Yves Cariou était aussi érudit en matière biblique. Voici comment il parlait de SON Liban dan un Quotidien libanais.

"L'Orient - Le Jour" du 21/09/2004

 

Yves Cariou faisait plus que "taquiner la muse" c'était un vrai poète, il usa d'abord d'un pseudonyme "Tristan Dumanoir" mais c'est bien sous son nom qu'il écrivit l'essentiel de ses poèmes. En prose ou en vers on ne peut qu'apprécier son talent.

Recueil de poèmes :

"De l'encens sous le Cèdre"

Lettres du Liban :

 

 

 

 

Réponse à un pourquoi :

"La curiosité est un vilain défaut" dit un proverbe bien connu, et à mon tour je vous demande: "Et pourquoi?..." car il existe aussi une saine curiosité. Mais n'allons pas discuter, en ces temps historiques  "d'entente cordiale" sur le proverbe anglais: "Curiosity killed the cat…"

Voici donc la question qu'on m'a souvent posée: "Pourquoi êtes-vous venu au Liban?..." Vous y trouverez la réponse dans le poème intitulé "Quand l'Étranger y vint s'asseoir…" L'Étranger pouvant désigner aussi un Être illustre qui s'assit sur la pierre d'une fontaine pour parler avec une Samaritaine… Mais j'aimerais aussi être mieux compris en prose, car la poésie est devenue "hermétique" à plusieurs de nos contemporains "depuis que les poètes ont disparus"… Eh bien! Il y a plusieurs raisons à cette question d'une "saine curiosité", surtout féminine…

D'abord et avant tout parce que j'ai été trop séduit par la "magie" de l'Orient : la Grèce, l'Égypte, la Terre sainte (et j'y englobe aussi notre cher Liban), et par le prestige glorieux du Parthénon, des Pyramides, de Tyr et de Sidon, de Baalbeck, de Byblos et de Palmyre… Et, gardez ce secret pour vous, chers lecteurs et lectrices, car j'ai tellement "adoré" Athènes et Byblos, que j'ai baisé "pieusement", un jour d'escale au Pirée, les colonnes de marbre du Parthénon, et le sarcophage d'Ahiram, au musée de Beyrouth, où repose l'alphabet dont je me sers dans l'éclat des poèmes, car "les mots s'illuminent quand le poète y fait passer son phosphore", ai-je lu autrefois… et moi aussi j'ai "mes petites folies" comme disait une vieille chanson des années 50…

Et puis, seconde raison de m'installer au Liban: le SOLEIL et le ciel bleu; si bien qu'il m'arrive de me tromper en saluant mes amis, car au lieu de les saluer par un "bonjour" trop commun, il m'arrive de leur dire "beau jour"… Ne vous étonnez pas car je suis fils d'Armorique, ou de la brumeuse Bretagne, et je ne dirai jamais comme Chateaubriand: "Je voyais avec un  plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes…" car mon plaisir "indicible" en Orient, fut de voir le soleil, à l'aube, se lever sur les Pyramides et se coucher illuminant les monts du Sannine au Liban, dans un ciel multicolore…

Enfin une troisième raison de "faire mon nid familial au Liban", c'est tout simplement, et on ne le dit pas assez, que notre cher et sacré Liban, est aussi une "Terre Sainte", et je l'ai tout particulièrement senti durant les cinq année que j'ai enseigné à Saïda, l'antique Sidon, car Jésus est venu "dans les parages de Tyr et de Sidon" et il a guéri l'enfant de la "Syro-Phénicienne" avec l'épisode humoristique relaté à la fin de ce recueil de poèmes. Et surtout, et surtout, il était aux noces de Cana au Liban-Sud, où il a accomplit son premier miracle en changeant l'eau en vin. Ne vous étonnez donc pas si, dans ce recueil,  je reviens souvent sur le tragique bombardement qui a frappé cette localité où tant d'enfants innocents furent touchés à mort.

Une dernière révélation sur cette question: "Pourquoi êtes-vous resté au Liban?..." Eh bien! Lisez le poème de la fin de ce recueil où j'évoque le pieux et souriant souvenir d'Abbouna Boulos qui fut longtemps l'aumônier du Collège de Jounieh chez les Frères Maristes.

Je terminerai cette préface sur d'agréables souvenirs de mes anciens élèves d'Alep* où nous fêtons cette année 2004 le centenaire de l'arrivée des Frères Maristes et où j'ai eu l'honneur de servir trois ans sous l'aimable direction du Cher Frère Mario-Raphaël.

Yves Cariou

        (Tiré de la préface de son recueil de poèmes "De l'encens sous le Cèdre" édité en 2004)

* Alep 2014/2015, ville martyrisée : Yves Cariou serait épouvanté par les événements actuels.